{"id":541,"date":"2021-02-20T21:15:06","date_gmt":"2021-02-20T21:15:06","guid":{"rendered":"https:\/\/raymundkaiser.de\/wp\/?p=541"},"modified":"2021-04-23T11:51:50","modified_gmt":"2021-04-23T11:51:50","slug":"farbe-realisieren-jens-peter-koerver-ausstellung-in-der-artothek-koeln-1997","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/farbe-realisieren-jens-peter-koerver-ausstellung-in-der-artothek-koeln-1997\/","title":{"rendered":"La couleur r\u00e9alis\u00e9e | Jens Peter Koerver | artothek K\u00f6ln, 1997"},"content":{"rendered":"<p><strong><span class=\"headblack\">La couleur r\u00e9alis\u00e9e<\/span><\/strong> | Jens Peter Koerver | artothek K\u00f6ln, 1997 | Traduction par Nadia van der Grinten | <a href=\"https:\/\/raymundkaiser.de\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Artothek.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Catalogue<\/a><\/p>\n<p>En r\u00e9duisant ses peintures \u00e0 deux surfaces homog\u00e8nes color\u00e9es qui s\u2019opposent l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, Raymund Kaiser se concentre exclusivement sur la question des diff\u00e9rents modes d\u2019apparition de la couleur. De cette r\u00e9duction des moyens picturaux \u00e0 leur minimum na\u00eet une perception inattendue du ph\u00e9nom\u00e8ne couleur comme jeu complexe de correspondances entre la lumi\u00e8re, l\u2019espace, la mati\u00e8re, les proportions, le temps et les impressions ressenties par le spectateur.<\/p>\n<p>Une ligne verticale ou horizontale s\u00e9pare les deux surfaces qui se d\u00e9finissent l\u2019une l\u2019autre dans un rapport simultan\u00e9 de ressemblance\/dissemblance \u2013 d\u2019une part le coloris est presque semblable dans les deux zones, d\u2019autre part sa r\u00e9alisation est diff\u00e9rente dans chacune. Il est presque impossible de dire exactement quelle est cette tonalit\u00e9 commune aux deux surfaces, le ton qui cr\u00e9e l\u2019impression d\u2019ensemble du tableau, et chaque tentative de la saisir pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9choue si l\u2019on refuse le recours au vocabulaire des nuances. Cette difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire ce que l\u2019on voit, cette ind\u00e9cision, est bien le r\u00e9sultat de l\u2019intention de l\u2019artiste: pour chaque tableau, il cherche \u00e0 cr\u00e9er une teinte nouvelle, quasiment inconnue ou tout du moins tr\u00e8s inhabituelle.<\/p>\n<p>Pour retrouver les indices de ce processus de d\u00e9veloppement de la couleur, il faut observer les zones color\u00e9es faites de nombreuses couches de glacis qui, comme autant de voiles color\u00e9s, lisses et transparents, forment une surface plus ou moins brillante. Cette zone du tableau permet de comprendre le travail de la couleur \u00e0 partir de nombreuses teintes superpos\u00e9es les une aux autres et parfois m\u00eame tr\u00e8s contrast\u00e9es. La brillance des surfaces produit des reflets color\u00e9s, des images floues, et fait de cette zone un espace-miroir de couleurs d\u2019une profondeur ind\u00e9finie. Comme un r\u00e9flecteur, elle s\u2019ouvre \u00e0 ce qui l\u2019entoure et, tout en restant cependant une surface color\u00e9e plane, invite le regard \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019espace diffus du tableau. Cette partie de l\u2019oeuvre se modifie ainsi de deux mani\u00e8res, soit selon les transformations de la lumi\u00e8re dans l\u2019espace r\u00e9el de la pi\u00e8ce, soit selon la position du spectateur. Les diff\u00e9rents angles visuels laissent pr\u00e9valoir tel ou tel aspect dans la perception de ce champs de couleurs. C\u2019est la somme de toutes ces images possibles qui cr\u00e9e l\u2019oeuvre.<\/p>\n<p>La seconde surface color\u00e9e du tableau est form\u00e9e d\u2019une couche peinte en pleine p\u00e2te, un mat\u00e9riau pictural compacte, parfaitement homog\u00e8ne et en sur\u00e9paisseur. M\u00eame si son coloris correspond \u00e0 celui de la zone transparente, l\u2019impression color\u00e9e n\u2019en est pas moins radicalement oppos\u00e9e: dense et solide, sourde et massive, telle un barrage elle n\u2019offre aucune voie au regard. La couleur est ici mati\u00e8re. Elle obstrue ce que la surface glac\u00e9e ouvre. Leur rencontre heurte la vue. Ce contraste permet, surtout dans les tableaux pr\u00e9sentant une d\u00e9marcation verticale, d\u2019en faire une lecture architecturale, o\u00f9 la notion d\u2019espace \u2013 l\u2019effet d\u2019espace ouvert et celui de mur ferm\u00e9 \u2013 d\u00e9pend enti\u00e8rement des variations dans la perception des couleurs.<\/p>\n<p>Comme le coloris des deux parties est presque identique, le regard est conduit \u00e0 les comparer, \u00e0 en observer les nuances. Il distingue les diff\u00e9rences et les transformations; la couleur s\u2019\u00e9panouit ainsi dans toute sa r\u00e9alisation, sa mat\u00e9rialit\u00e9 et sa texture, son rapport \u00e0 la lumi\u00e8re et au contexte, pour donner naissance \u00e0 tout un spectre d\u2019apparitions possibles. La couleur \u2013 la base \u00e9vidente, donc \u00e0 peine consid\u00e9r\u00e9e, de toute exp\u00e9rience visuelle \u2013 se montre ici comme une r\u00e9alit\u00e9 dans l\u2019oeuvre, un fait du tableau. Cette diversit\u00e9 de la couleur en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne et en tant que mat\u00e9riau se concr\u00e9tise dans la perception mouvante et entra\u00eenante de ces tableaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La couleur r\u00e9alis\u00e9e | Jens Peter Koerver | artothek K\u00f6ln, 1997 | Traduction par Nadia van der Grinten | Catalogue [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"template-page-builder.php","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-541","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-texte"],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"fr","enabled_languages":["de","en","fr"],"languages":{"de":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"en":{"title":false,"content":false,"excerpt":false},"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=541"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1178,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541\/revisions\/1178"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=541"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=541"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/raymundkaiser.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=541"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}